Île d’Amorgos (2) – île de Paros (1)

23 – 26 décembre

Aigiali (grèce) – vers Arkesini – Katapola – Punta (grèce)

122 km

paros

J’ai quitté mon petit confort au camping avec les vêtements d’hiver, non pas qu’il fasse froid, quoique 10°c pour cette partie de l’Europe, c’est froid, mais ce maudit vent souffle toujours, souvent top fort et fait baisser la température ressentie dès que l’on s’arrête d’être en activité.

A Amorgos, ce n’est pas difficile, il n’y a qu’une seule route, qui fait toute la longueur de l’île, et assez récente puisque le premier coup de pioche a été donné en 1984 et qu’elle a été finie (asphaltée) en 1992. Avant ? C’était par le sentier muletier, 4 heures pour rejoindre la capitale.

Contrairement au sentier qui grimpe aussi sec et continue sur les crêtes de l’île, la route longe tranquillement le bord de mer avant de partir elle aussi à l’assaut de la montagne. Les paysages aussi bien ‘en bas qu’en haut’ sont très beaux.

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sur l’unique route de l’île, il n’y a pas foule

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Aujourd’hui, la journée était consacrée uniquement au vélo, je suis allé au bout du bout au sud de l’île, qui se termine par une très belle plage. Que cette île paraît inhospitalière ! Les quelques villages sont minuscules, il n’y a vraiment pas foule ici mais c’est ce qui fait son charme, par rapport à d’autres îles.

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Amorgos ville, perchée sur une crête. Pas de chance, elle se prend le vent, d’où qu’il vienne

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les premières secondes du film « le grand bleu », c’est cette partie de la côte qui est filmée

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En cours de route, j’avais remarqué une chapelle ouverte, la seule de la journée, et un complexe religieux avec une possibilité de protection contre le vent. J’ai préféré m’épargner 30 minutes de montée pour demain, je suis donc allé jusqu’à la chapelle et c’est bien sûr au moment où j’ai commencé à m’installer qu’une paire d’yeux traînaient dans le coin ! Pour éviter tout problème, j’ai monté la tente à côté de la chapelle, sur du béton, sans autres possibilités de haubaner la tente qu’avec des pierres. Et bien sûr ce qui devait arriver arriva, la pluie a commencé à tomber, le vent à souffler, de plus en plus fort, jusqu’à faire bouger la tente en plein milieu de la nuit. Je me suis donc rabattu sur la chapelle, où j’ai pu finir une nuit plus que mouvementée.

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le bout du bout se termine par une belle plage

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vous connaissez cette épave. Mais si, regardez le film « le grand bleu », vers la 11è minute, quand Enzo (adulte) va récupérer un plongeur coincé dans l’épave. En 30 ans, la mer a fait son oeuvre en coupant l’épave en 2.

Je voulais me faire des pâtes au petit-déjeuner et là, la journée qui commence mal : la pompe du réchaud pompe dans le vide, plus moyen de mettre de la pression dans la bouteille. J’ai démonté un peu le système mais rien n’y a fait. Je me suis donc rabattu sur mon petit réchaud à alcool, heureusement que je l’ai celui-là. J’ai finalement mangé mes pâtes au petit-déj !

Le départ de la randonnée n’était qu’ à 3 kilomètres mais j’ai très vite compris que la journée vélo serait très difficile, toujours ce vent. Et elle est devenue dangereuse même, sur les crêtes de l’île, j’ai failli me retrouver sur le bitume à plusieurs reprises. Je n’ai plus du tout de plaisir à rouler dans de telles conditions, trop c’est trop. Le vent a eu raison de ma volonté.

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Chora, la capitale

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A défaut d’humains, il y a des chats

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Après une petite visite de la ‘capitale’, en fait un petit village totalement désert en ce 24 décembre, je suis descendu vers le port de Katapola pour trouver un endroit où dormir. Durant les 5 kilomètres de descente, j’ai eu encore 2 belles frayeurs, là je ne rigolais plus. Je suis arrivé 90 minutes avant le coucher du soleil car je me doutais bien que j’allais avoir des difficultés pour trouver où dormir. Mais en fait pas tant que cela, enfin si ! Des endroits, j’en ai trouvé un paquet, seulement aucun n’était protégé du vent. Toutes les chapelles étaient fermées, les terrasses de restaurants aussi. Je suis donc allé à la police du port mais les endroits qu’ils m’ont indiqués, je les avais déjà trouvés moi-même.

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30 minutes à pied depuis la capitale pour atteindre …

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le monastère de Panagia Chozoviotissa

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pas plus de 5m d’épaisseur !

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Dans un des 2 bars du village, j’ai demandé où je pouvais dormir et là, après un coup de fil, on m’a proposé une chambre, 25€ ! Trop cher pour moi. 20€ ? encore trop. J’ai dit 10€, la nuit, pour 2 nuits (demain le 25, il n’y a pas de ferry). Ok mais sans chauffage alors !

Désabusé de devoir payer pour dormir, je suis allé me coucher tôt, sans même manger. La nuit porte conseil.

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Amorgos ville (Chora)

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descente vers la baie de Katapola, 400m plus bat

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J’ai eu froid dans mon studio à 11°, j’aurais dormir dans mon duvet, la nuit aurait été meilleure. Alors c’est marrant car la propriétaire a branché le réfrigérateur mais pas les plaques de cuisson. Comme si j’avais besoin d’un frigo avec la température qu’il fait à l’intérieur. Par contre elle a pensé que je ne mangeais pas …

Durant la journée, j’ai fait ma dernière randonnée mais j’ai passé le plus clair de mon temps à cogiter, regarder la météo pour les prochains jours, les horaires de ferry. Les derniers jours de l’année s’annoncent terribles avec beaucoup de pluie et du vent jusqu’à 85km/h. Il faut savoir que les ferrys ne sortent pas en mer au-delà de 70km/h.

J’ai décidé d’écourter mon séjour dans les Cyclades, ce vent est devenu une obsession au fil des jours, un mois que je dois faire face, trouver des abris protégés. Ici il ne s’arrête pas de souffler la nuit, c’est du 24h/24. Les jours sans vent, je peux les compter sur les doigts d’une main.

J’ai pensé finir par l’île de Santorin pour les derniers jours de l’année mais le hic, c’est qu’il n’y a qu’un ferry par semaine vers la Crête, et c’est justement le jour où il y a ce ferry que le vent est annoncé à 85km/h ! Je ne me vois vraiment pas bloqué une semaine sur l’île !

Donc changement de programme. Demain matin je prendrai le ferry pour le port du Pirée (9h de traversée) et la soirée même un ferry pour la Crête, c’est du n’importe quoi, faire 250km vers le nord pour en faire 350km vers le sud. C’est la logique grecque. Pas étonnant qu’ils soient dans une si belle mer… .

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dans les ruelles de Katapla

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merguez party pour l’équipage du ferry. Dans d’autres pays, j’aurais été convié à la grillade, pas en Grèce …

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il fait beau le jour de Noël 2016

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Le réveil a sonné à 4h30, c’est que je ne voulais pas manquer le départ du ferry à 6h. J’ai regardé rapidement internet avant de quitter le studio et là les prévisions concernant le vent ont quelque peu changer. Le 31 décembre, jour où un ferry relie l’île de Santorin à Crête, le vent ne soufflerait qu’à 50km/h. Les ferrys devraient donc être en mesure de naviguer.

Tout d’un coup, les plans ont changé ! Je vais à Paros aujourd’hui et demain direction Santorin. Je tente un coup de poker !

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Pour les Athéniens, les vacances semblent finies car le ferry s’est soudain rempli en faisant escale à Naxos. Jusqu’alors c’était calme, après je n’avais qu’une hâte, arriver au plus vite à Paros. Que de bruit.

Et que de monde une fois débarqué à Paros ville. Trop de voitures, trop de bruit, le contraste est saisissant avec Amorgos. En gros il y a une seule route qui fait le tour de l’île, 2 ou 3 routes de montagnes et très peu de villages intéressants. C’est plus ou moins plat mais ce que je vois ne me plaît pas. C’est trop construit, ça ne ressemble à rien du tout.

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Paros

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Naoussa, son petit port est bien mignon mais tout autour …

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partout, elles sont partout ces constructions qui ne seront jamais finies

En fin de compte, je suis content de ne rester qu’une journée sur l’île car 2 jours auraient déjà été de trop. Je suis sévère mais après les paysages d’Amorgos, ici ça paraît plus que fade. J’ai changé d’île mais bien sûr le vent souffle toujours autant ; déjà en début d’après-midi j’ai regardé les endroits où je pourrais dormir protégé d’Eole. J’ai un peu fait la fine bouche mais j’ai trouvé chaussure à mon pied, avec même un toit en cas de pluie.

Je ne sais vraiment pas quoi penser de cette journée de vélo, qui ne m’a rien apportée du tout. Je n’ai qu’une hâte, prendre le ferry demain.

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à l’abri, le plus important, à défaut de dormir dans la nature

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4 réflexions sur “Île d’Amorgos (2) – île de Paros (1)

  1. Salut David ,

    Sur la photo de Amorgos ville ( Chora ) on voit au loin des tours ; ce sont des tours de guet ou des moulins à vent ?

    je te dirais bien bon vent mais je resterais sur bonne route . 😉

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    • Bonjour Bruno
      Tu as l’oeil ! Oui ce sont des moulins à vent, plus ou moins laissés à l’abandon. Sur toutes les îles des Cyclades, il y a des moulins à vent, normal avec ce sacré vent du nord qui souffle pratiquement toute l’année.

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  2. On entendait dire il y a peu que la Grèce consommerait en moyenne trois fois plus pour son chauffage que la Finlande, tant l’immobilier y serait mal isolé. Le bois de chauffage serait si cher qu’on brûlerait tout et n’importe quoi dans des cheminées à foyer ouvert pourvu que ça brûle, quitte à s’intoxiquer « à petit feu ». A 10€ âprement négociés par nuit, j’espère quand même que tu avais droit à la douche chaude plus agréable et nécessaire que le frigo ?
    Que de contrastes aujourd’hui entre ces cages à touristes d’été et ce monastère si blanc accroché à la falaise, lui au moins est à l’abri du vent…, sur un côté.
    Merci pour la balade et bonne poursuite, si possible moins ventée.

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    • Bonjour Francis, je commence à avoir l’expérience des hivers dans le sud maintenant. Quand je suis entre 4 murs, il faut toujours très bien se couvrir et rester un peu actif pour ne pas avoir froid. Souvent la différence entre la température extérieure et la température intérieure est infime !
      La douche, on va dire qu’elle était tiède. Beaucoup de maisons ont un réservoir d’eau sur le toit qui est chauffé par le soleil. Une journée grise et je t’assure que tu ne restes pas 15 minutes sous la douche ! La différence entre cette douche payante et la douche « bivouac », c’est le vent. Elle était donc un peu plus agréable que d’habitude !
      La Crète est moins ventée que les Cyclades, normalement …

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