La mer noire bulgare

17 – 20 septembre

Varna (bulgarie) – vers Djulino – Sarafovo – Sozopol – Kondolovo (bulgarie)

269 km

malko-tarnovo

Je pensais sortir de Varna tranquillement par une petite route le long du lac de Varna. Que nenni ! Les rives du lac concentrent une bonne partie de l’industrie de la ville, du coup les camions défilent, j’en prends plein les poumons et le paysage est tristounet, Je m’en souviendrai.

C’est après seulement 25 kilomètres que j’ai retrouvé mes esprits et surprise, les villages traversés dans cette partie de la Bulgarie sont majoritairement tziganes. Ici, ça va, ils sont plus cools qu’en Roumanie.

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la mairie de varna

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le beau lac de Varna

J’ai voulu éviter la route nationale qui passe par la côte, je suis donc en retrait du littoral et du coup le thermomètre affiche 36°, un 17 septembre. C’est trop pour moi, j’ai été obligé de faire une pause l’après-midi, trouver un banc à l’ombre et comater en essayant de trouver un position confortable.

J’ai repris la route à 17 heures pour une petite grimpette, pas bien méchante mais j’ai besoin d’une heure pour faire 10 kilomètres et peut-être 300m de dénivelé. Une fois en haut, j’ai fait le plein d’eau et par la même occasion un monsieur m’a donné 2 grosses grappes de raisin et des pommes du jardin.

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Je pensais trouver facilement pour dormir mais c’est la jungle, ou presque ici. Les possibilités sont rares, cependant en étant patient, j’ai trouvé un endroit approprié. Il a peut-être fait trop chaud pour moi ou quelques chose n’est pas passé dans l’estomac mais toujours est-il que j’ai juste mangé les grappes de raisin et les pommes, je n’ai même pas veillé, je me suis couché direct.

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les 1ers reliefs apparaissent

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juste avant de trouver l’endroit où dormir, le soleil me salue

Que la nuit a été réparatrice, pas moins de 10 heures de sommeil. On dort bien dans la tente !

Je suis parti à la fraîche pour franchir mon 1er col, environ 400m de dénivelé. Le pourcentage de la pente était un peu plus élevé qu’hier et j’ai sué à grosse goutte. A 10 heures, il faisait déjà 28°c. Heureusement que la montée s’est faite en partie dans la forêt, les petites mouches s’en sont données à cœur joie, essayant de rentrer principalement dans mes oreilles.

Bien que le col ne soit pas très élevé, les paysages sont déjà plus attrayants. Vivement les Rhodopes …

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j’ai faillit oublier la photo souvenir du bivouac !

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petit déjeuner : des pâtes

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Sur la route beaucoup de gens m’avaient demandé si j’allais à Sunny beach. C’est sur ma route. Très vite j’ai eu la nausée, voir tous ces blanc-becs montrant leur grosse bedaine, tout simplement horrible. Il semblerait que la majorité des touristes soient Anglais et Allemands. Ils ont la monnaie, ils sont les rois.

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les genres d’engins utilisés à Sunny beach. Par contre des vélos, non, pas assez fun et trop d’efforts à faire

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qui est locale, qui est touriste ?

Tout comme à quelques kilomètres de là, à Nessebar, petite ville inscrite sur la liste de l’Unesco (depuis 1983). Chaque centimètre carré est utilisé pour vendre des souvenirs, horrible. Certes la ville a un certain caché avec ses maisons mais trop c’est trop.

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loin de Sunny beach …

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en plein travail, il attend le client

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une rue sans magasins souvenirs !

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Nessebar et une de ses innombrables églises

J’ai donc continué ma route vers Burgas, en préférant la route du littoral, malgré le trafic. Je me suis dit que ça allait être difficile de dénicher un endroit tranquille mais en cherchant un peu (et en poussant le vélo), je me suis trouvé une petite place pour la tente, avec vue sur Burgas et son golfe, et même une petite plage privée pour enfin aller me baigner dans la mer noire. Il était temps !

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j’ai connu pire comme bivouac

 

C’est incroyable le nombre d’heures que je dors dans la tente en ce moment ! A 20h il fait nuit, quoi faire d’autre que de se coucher ? Et je me réveille avec le soleil, vers 6h30. J’adore ce rythme, naturel.

Aujourd’hui n’a pas été la journée la plus sympa à vélo, 30 kilomètres de 2*2 voies, pas le moyen d’y échapper. Il n’y a qu’à l’entrée de la ville portuaire de Bourgas, puis à sa sortie que j’ai profité d’une belle piste cyclable.

Bourgas, pas besoin d’y rester des heures, c’est industriel, un grand port mais une belle et grande plage, agrémenté d’un grand jardin le long du littoral. A part ça …

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9h et déjà un bain de mer, avant la chaleur

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ici on préfère le petit jaune à l’ouzo grec

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Burgas

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Burgas

En partant je ne savais pas où dormir mais Radko, un Warmshower que j’avais contacté il y a 2 jours, m’a répondu favorablement. Du coup, j’ai eu droit à une journée de repos ou presque (seulement 50km et arrivé à 12h à Sozopol).

Enfin j’ai rencontré un Bulgare parce que sur le littoral c’est difficile. Soit ce sont des touristes, souvent curieux, soit ce sont des Bulgares qui essaient de me refourguer de la camelote chinoise. Peu intéressant. Vivement les montagnes …

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la mer noire est finalement bleue !

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dans les rues de Sozopol

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27°c la mer noire, pas mal !

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Sozopol

 

C’est sous un franc soleil que je prends congé de Radko, qui lui aussi va quitter Sozopol, la saison est finie. Il y a nettement moins de voitures qu’hier sur la route, il faut dire qu’elle se termine en cul-de-sac. Au bout, c’est la Turquie et il n’y a pas de poste-frontière.

Peut-être est-ce pour cette raison que la côte est moins défigurée. Les derniers contreforts du massif du Strandza finissent dans la mer noire. C’est la première fois que je prends plaisir à rouler sur le littoral. Mais je ne pousse pas le bouchon jusqu’au dernier village, j’aurais alors 50 km aller-retour pour reprendre la route de Maliko Tarnovo.

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Radko, un cyclo plus que sympa

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cette partie de la côte est sympa

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aucun hôtel, un exploit !

Aussitôt la mer noire dans mon dos, la route s’élève sensiblement mais à chaque passage de rivière, je perds de l’altitude pour en reprendre de plus belle, fatigant. Le massif n’est pas très élevé mais est boisé, ça change là encore des dernières semaines où j’ai plutôt vu que des champs. C’est reposant pour les yeux un peu de verdure.

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dernier souvenir de la mer noire !

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plus typique dès que la route s’élève

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dans ce coin, on peint pour la mémoire

Ce matin j’ai bien sûr regardé la météo, je savais donc qu’il fallait que je termine la journée de vélo tôt dans l’après-midi. C’est donc près de village à moitié abandonné de Kondolovo que j’ai trouvé un bel espace pour dormir. Un petit tour au village pour faire le plein d’eau et voilà, il est 13h30 et j’ai l’après-midi devant moi pour me reposer. Un repos interrompu par un gros orage et la visite impromptue de la police des frontières. La Turquie n’est pas très loin et les Bulgares (à cause des réfugiés ?) patrouillent dur dans le coin. D’ailleurs sur la route où j’ai croisé une voiture toutes les 30 minutes, la plupart des véhicules étaient soit de la gendarmerie, de la police des frontières ou des militaires ! La Bulgarie, bien qu’elle ne fasse pas partie de la zone Schengen, prend soin des frontières extérieures de l’Europe !!

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tout petit tout mignon

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Kondolovo, le centre du village

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10 réflexions sur “La mer noire bulgare

  1. On n’écrit jamais « dans le vide ».
    On écrit pour sa mémoire et pour construire son histoire.
    Rassure-toi: tu es lu!
    Ce qui me plait dans tes récits, c’est de découvrir des pays que je ne connais pas sous l’angle du cycliste, loin des clichés de pub qu’on trouve dans les revues…
    Bonne route!
    Vélomaxou

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    • Merci vélomaxou !! En fait depuis que wordpress enregistre à chaque modification quand tu écris un article, ça prend beaucoup plus de temps qu’avant et c’est assez énervant car je ne souhaite pas passer des heures devant le PC.
      C’est sûr qu’avec le vélo, tu ne peux qu’avoir un tout autre point de vue, je ne suis pas un touriste dans le sens où je ne dors pas à l’hôtel, je ne vais pas au restaurant et je n’achète pas les souvenirs. Je préfère être avec les locaux, beaucoup plus enrichissant sur le plan humain. Bonne route à toi aussi, profite, la saison tire sur sa fin 😉

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  2. nous te suivons depuis des années. c’est toujours un plaisir de découvrir avec toi des régions, des pays, des styles de vie, avec de superbes photos.

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    • Bonjour Eric, ton message m’a fait un peu sourire (« nous te suivons depuis des années »), ça ne fait que 4 ans !
      Ça me fait très plaisir d’avoir un retour de lecteurs assidus au blog car parfois je me demande si je n’écris pas dans le vide.
      Je fais de mon mieux avec mes petits moyens et si ça fait un peu rêver, alors le but est atteint. Donner du plaisir et partager mon quotidien.
      Bonne route !!!!

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  3. Coucou David
    Nous ne sommes vraiment pas faits pour rouler ensemble, moi je commence à me sentir bien à 30 degrés !
    Quant à la mer noire j’ai tellement détesté que n’y ai même pas trempé le petit orteil ! Je lui ai préférée un lac et ses canards qui m’ont donnée une grande leçon de vie…
    Et pour les tzyganes ils m’ont quand même volé mon téléphone et mon appareil photo les deux d’un coup sous mon nez…
    Et ton genou ? Si tu n’en parles pas, c’est que ça va.
    Continue de nous faire voyager
    Kissosssss

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    • Salut Françoise, oui je crois que ça serait difficile de rouler ensemble, je me liquéfie dès qu’il fait plus de 30°c, pour moi c’est pause obligatoire l’après-midi, à l’ombre !!!
      Je n’ai rien contre les Roms mais c’est vrai que parfois je me suis senti mal à l’aise, ils ont un regard très différent, du style « ah lui c’est un porte-feuille ambulant ».
      Le genou, ça va, il a survécu aux Rhodopes bulgares, tu le verras dans un prochain article, je pense que je vais arriver à Athènes, avec le vélo. Ce n’était pas gagné quand je suis parti mi-août. Mais en y allant doucement et intelligemment, ça passe.
      Kissos des Balkans, il fait chaud ici 😉

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