Du Prout à la mer noire

9 – 12 septembre

Feteasca (moldavie) – Cantemir – Vadul lui isac – vers Turcoala – Baia (roumanie)

311 km

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Sasha savait que nous n’allions pas nous revoir, il m’a fait voir comment tout fermer hier soir. Quand je suis hébergé en « dur », je peux partir tôt, aujourd’hui 7h30. Ça me permet de rouler à la fraîche et de pouvoir faire une grande pause lors des heures les plus chaudes de la journée.

Ioulia, qui m’avait offert le déjeuner hier, m’avait prévenu que la route était non asphaltée et mauvaise et m’avait conseillé un détour sur une route en meilleur état. Je suis resté dans l’idée de longer le Prout la plus près possible, j’ai donc bien sûr opté pour cette petite route. Et je ne l’ai pas regretté. Une fois les derniers villages-rues traversés, je me suis retrouvé seul, sur une route en bon état pour le vélo. J’ai eu un petit condensé des jours précédents.

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l’école commence à 8h dans les villages. Costume de rigueur.

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la Moldavie aussi vit sur son « glorieux » passé

 

 

Puis au bout de 45 kilomètres, j’ai retrouvé l’asphalte et de la circulation. A partir de ce moment-là, l’intérêt a fortement diminué. Les rares villages sont toujours éloignés de la route, 1 à 2 kilomètres, ça roule vite mais ça ne frôle pas. J’ai appuyé machinalement sur les pédales pour arriver à Cantemir, petite ville de moins de 10.000 habitants.

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forte montée, forte suée

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le visa Schengen, un précieux sésame vers une vie « meilleure »

J’ai déjà 70 bornes dans les jambes et je ne me vois pas en faire 10 de plus. Je me suis donc posé dans le « centre-ville » pour manger et faire la sieste et aussi pour répondre aux curieux. Ça a mis du temps mais je suis tombé sur Vassili, qui comme tous les gens de son âge, plus de 50 ans, a appris le français à l’école. Il a bien essayé de se rappeler de quelques mots mais 30 ans pratiquer une langue, on a le temps d’oublier. Très vite il m’achète de l’eau et du vin, avant de m’inviter chez lui pour la nuit. Il est fier de me faire connaître l’hospitalité moldave. Pas de doute, il a un grand cœur. Cela me permet de découvrir un appartement dans un bloc. Depuis 4 ans, j’en ai vu de toutes les couleurs, mais je peux affirmer que ces blocs moldaves sont ceux de plus mauvaise qualité que j’ai vus. L’isolation est mauvaise, il fait plus chaud dedans que dehors, un vrai sauna ma chambre.

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la cuisine, que du toc

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la chambre, mon sauna du jour, 30°

Ce qui est bien chez les Moldaves, c’est qu’il ne me retienne pas le matin. J’ai pu donc partir avant 8 heures à la fraîche et j’ai ainsi évité le trafic sur la route, des grandes lignes droites poussiéreuses et de temps à autre une descente puis une montée pour passer une rivière.

Je suis arrivé à Cahul rapidement et j’y ai posé mes sacoches pour profiter de l’ombre, il fait toujours aussi chaud, 33°c aujourd’hui. C’est la plus grande ville que j’ai vu en Moldavie et elle ne ressemble à rien. Je n’ai pas pris la peine de découvrir la ville, circuler, il n’y a rien à voir.

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des nostalgiques, il y en a encore beaucoup en Moldavie

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Cahul, côté moderne

Ayant déjà parcouru une cinquantaine de kilomètres, je me suis fixé d’en ajouter la moitié avant de finir la journée de vélo. Après Cahul, le trafic est devenu très restreint. Normal, la route continue vers un cul-de-sac pour les Moldaves. Au bout, soit l’Ukraine ou soit la Roumanie

Dans un petit village, un homme m’interpelle. Je ne vais pas bien vite, je suis dans une montée. Il me parle en roumain mais je comprends qu’il veut m’offrir une boisson fraîche. Je lui dit que j’ai de l’eau mais il insiste. Bon je choisis ma boisson et je commence à discuter, avec toujours les mêmes questions. Puis rapidement il me propose de passer la nuit chez lui dans sa famille. J’ai hésité car il a l’air excité (plus par la chaleur que par l’alcool) mais je fais confiance à mon instinct. Arrivés dans sa maison, il me fait découvrir chaque recoin, toutes ses bêtes, ses légumes mais je n’aime pas trop sa façon d’agir, un peu trop exubérant. J’ai fini par mettre les points sur les i car je ne me voyais pas passer une soirée comme elle avait commencé. D’un autre côté, je comprends son excitation, ce n’est pas tous les jours qu’on ramène un Français à la maison. Au final, je ne regrette pas d’avoir accepter son invitation, ça faisait longtemps que je n’avais pas passé une telle soirée. Mémorable.

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des écrevisses toutes fraîches

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sacrée famille

Même si tout le monde a bu hier soir, tout le monde est debout à 6 heures. Faut pas croire, ils bossent dur les Moldaves, même le dimanche. Comme hier, je pars à la fraîche, à 7 heures. Pas de véhicules, un peu de brouillard, une belle ambiance matin.

A la frontière je dépense mes derniers Lei moldaves, j’ai eu beaucoup de mal à épuiser mes 12€ en 7 jours. Le bilan de cette semaine moldave est plus que positif, je ne regrette pas d’avoir suivi le Prout tout le long en Moldavie. Même si la Roumanie a toujours été à portée de vue, j’ai découvert des endroits assez reculés et hors du temps. Et sur les 6 nuits passées dans le pays, j’ai été invité à 4 reprises. Sympas les Moldaves même s’ils peuvent paraître distants.

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stade moderne

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le Prout, à la frontière, juste avant de se jeter dans le Danube

Le passage de la frontière s’est effectué sans difficulté, ça a pris juste une petite heure. Au bout de 10 kilomètres, j’arrive à Galati, grande ville roumaine. J’ai l’impression d’être resté au même niveau de vie qu’en Moldavie. La Roumanie a vraiment du retard mais, UE oblige, les grandes enseignes ouest européennes sont implantées dans le pays. Ça fait bizarre de voir des pubs ‘Auchan’ !

A qu’il y a de plus sympa, c’est la promenade le long du Danube, j’ai y pu me reposer à l’ombre avant de repartir en direction de la mer noire. Une fois le Danube traversé, le paysage a changé et j’ai eu l’impression de me retrouver sur des hauts plateaux entourés de montagnes, alors que je suis au niveau de la mer ! C’est vraiment incroyable cette sensation de grands espaces. A vélo, c’est le top ! Et c’est sans grande difficulté que j’ai trouvé un endroit pour la tente, au milieu de rien. C’est bon aussi de se retrouver seul et de ne pas parler !

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Galati

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Galati

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bac sur le Danube

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sauvage

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Les 1ers kilomètres ont été conformes aux derniers d’hier, de l’espace et un sentiment de liberté à vélo … puis petit à petit c’est devenu plus plat et les champs ont repris le dessus. J’ai du rouler une soixantaine de kilomètres pour voir dans Roms dans un ville ou un village !! J’en avais bien vu quelques uns mais sans plus. Par contre, à Babadag, où vit encore une petite communauté turque, les Roms sont partout. Et ça se voit … dans les habitations. Des immeubles flambants neufs, avec des dorures, comme des petits palais. Il faut que ça brille et que ça en jette chez eux !

Par contre les désagréments sont les mêmes partout où ils sont : toujours en train de quémander quelque chose, une cigarette, de l’argent bien sûr, mon vieux pneu ou je ne sais quoi. C’est pénible. Mais ils insistent beaucoup moins qu’en France.

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rentrée des classes le 12 septembre en Roumanie

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J’ai stoppé mon étape après 80km mais ce n’était pas très malin de ma part. Baia, un petit village est entouré de champs et pour planter la tente, ce n’est pas évident du tout. Je demande donc aux gens où je peux dormir, la réponse est toujours la même, l’hôtel. Les gens n’arrivent pas à comprendre je ne veux pas aller à l’hôtel et que j’ai une tente pour dormir. Dans le 1er bar, rien malgré l’aide de la tenancière. Je me suis rendu donc vers un groupe d’hommes qui picolaient, et ils étaient bien éméchés. Mais au bout de 10 minutes, Jul, m’a dit que j’aurai une chambre dans sa maison. J’ai bien sûr réfléchi mais un homme qui propose un toit ne doit pas être un homme mauvais, je me suis donc fié à mon instinct. Et j’ai bien fait. Malgré le fait qu’il avait du mal à tenir debout, il était lucide. Il a même changé les draps, fait le ménage, c’est pour dire ! Par contre au niveau de la communication, ça a été difficile, lui ne parlant que le Roumain. J’ai bien compris quelques mots … La soirée a quand même été sympa et je le remercie bien de m’avoir offert un toit pour la nuit.

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il voulait que je le prenne en photo et mon pneu de secours !

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Jul, 2g d’alcool dans le sang mais des idées claires !

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6 réflexions sur “Du Prout à la mer noire

  1. Salut David,
    heureux de te savoir à nouveau sur la route « on the road again »!
    On continue à voyager avec toi.
    Euh, tu as eu bon vent le long du Prout ?
    Je sais, le jeu de mot était facile mais je n’ai pas pu résister.
    Chez nous, le brâme des cerfs s’achève. Tu en as peut-être entendu dans tes traversées forestières ?
    Bonne route

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