Bienvenue dans les Balkans

06 – 08 mars

Durrës (albanie) – Mamuras – Beltojë – Orahovo (monténégro)

243 km

virpazar

Passer de l’une des grandes puissances économiques de ce monde à l’un des pays les plus pauvres du vieux continent est un choc émotionnel ! J’ai déjà eu un aperçu de ce que me réserve l’Albanie à la douane. Sur les 3 postes ouverts, je suis allé sur celui dont l’ordinateur fonctionne mal, du coup, il n’arrivait pas à scanner mon passeport. Ça a bien duré 10 minutes. Voyant qu’il n’obtiendrait rien de la technologie, il a finalement tamponné le passeport avec un grand sourire. Bienvenue en Albanie !!! Au fait, c’est mon vrai premier passage de frontière en 3 ans !!!!!

Dès les 1ers tours de roue, à la sortie du port, je suis surpris par la vie, qui bouillonne, le bruit, la saleté, le désordre ambiant. J’ai l’impression d’être autre part, sur une planète inconnue.

  

Les côtes albanaises et Durrës apparaissent.

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La douane et Durrës. 1ère impression, impressionné !

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L’amphithéâtre de Durrës, un des plus grands dans les Balkans.

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Le ciel est menaçant, je fais une petite visite rapide de la ville de Durrës, en fait je veux surtout retrouver un peu de sérénité dans la campagne. Prendre l’autoroute aurait été le moyen le plus simple de sortir, ici c’est possible à vélo mais je préfère la « route nationale » où je roule parfois à contre-sens pour éviter les « étangs » qui se sont formés suite aux pluies des derniers jours. Les panneaux de signalisation sont assez rares et j’utilise 2 moyens pour savoir si je suis dans la bonne direction : la boussole bien sûr mais aussi les mini bus, qui affichent leur provenance sur le pare-brise.

Dès que je le peux, je prends la première petite route de campagne et tout de suite, je peux regarder autour de moi au lieu de me concentrer sur la conduite. Très vite j’ai l’impression que ma carte routière n’est pas aussi fiable que je le pensais, les kilomètres sont fantaisistes. Oui cela aurait vraiment été plus simple de prendre l’autoroute mais je prends beaucoup de plaisir à découvrir la campagne albanaise, les enfants qui m’interpellent tous ‘ciclista’, certains sur leur vélo donnent tout ce qu’ils ont dans leur jambe pour me doubler, fiers de ma laisser sur place !! Ça m’amuse plutôt qu’autre chose. En attendant, j’ai rejoint le bord de mer, alors que j’aurais dû tourner sur ma droite quelque part, seulement les panneaux de direction n’existent pas ou très peu, tout comme les panneaux d’entrée et de sortie de village. Du coup j’en suis à demander mon chemin, et là malgré mes 5 langues, la communication est difficile. Il y a bien un homme qui appelle avec son téléphone une amie qui parle anglais et répète ce qu’elle lui dit.

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Je préfère la campagne, c’est plus calme !

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Comme je m’en doutais je suis aller trop loin, je suis donc quitte pour 5 kilomètres retour et là je trouve la bonne route ! Qui me réserve des belles grimpettes à plus de 10% et des trous un peu plus gros. Mais déjà les paysages deviennent superbes. Je traverse 2 villages un peu hors du temps, un jeune vient me faire la discussion en anglais. Le casse-croûte est vite avalé car ça souffle fort et froid.

Du 2è village village, je domine la plaine qui s’étend jusqu’à Shkodër et là il y a un petit hic. La route que je voulais prendre dans la plaine pour continuer vers le nord est sous les eaux, le fleuve a débordé de son lit. Je n’ai pas le choix, je suis obligé de retourner vers le sud pour passer le fleuve. Ca me fait un détour de 30 kilomètres. Là j’avoue que le moral en prend un coup.

Des bunkers en voici en voilà, ils sont partout.

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Un jeune sorti de nulle part dans ce « village » est venu me parler, en anglais.

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Dès que je peux, je prends la grosse route nationale, pas plus large qu’une départementale mais avec un trafic conséquent. Le vent est de plus en plus fort et me fait faire des écarts de 2 mètres ou bien m’arrête carrément. Pas drôle ! La route nationale devient autoroute et moi je fatigue de plus en plus. Je prends la première sortie et commence à regarder autour de moi pour dormir. Ici dans la plaine, l’espace est compté, pas évident. Le meilleur moyen est de demander aux gens. Je vois alors une maison avec un beau bout de terrain mais soudain un homme d’une petite station service me fait signe de venir. Je vais à sa rencontre et lui explique que je cherche un endroit pour dormir. Il m’amène à l’épicerie voisine, là un homme m’invite à boire le café et m’offre de la viennoiserie. « Ne t’inquiète » pas me dit-il, mon frère a un endroit pour mettre la tente. En fait ce n’est pas le top, il y a des grosses pierres partout, et impossible d’y accéder avec le vélo.

Dans l’épicerie, ça discute et au bout de 15 minutes, un homme me dit « viens, prends ton vélo et suis-moi, tu dors chez moi ce soir » ! Et là je suis accueilli comme un roi dans la famille. Une des filles d’Alban parle anglais, ça facilite la communication, j’apprends mes premiers mots albanais et surtout je passe une soirée extraordinaire.

Voilà, en un jour, l’Albanie m’a fait un condensé de ce qui m’attend ici et dans les Balkans en général. C’est pour cela que j’y suis venu.

Mais aujourd’hui, j’ai aussi perdu mon appareil photo, la pochette dans lequel il se trouvait est tombée et je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. Je l’ai retrouvé dans la soirée mais il a passé plusieurs heures dans une flaque d’eau. J’ai récupéré les photos d’aujourd’hui, cependant je peux dire adieu à ma boîte a souvenir. Et je suis toujours sans carte bancaire, pendant encore une semaine, le temps de rejoindre la Croatie. C’est la vie !

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Ma 2è journée en Albanie a été marquée par le vent froid venant du nord-est. Hier aussi il soufflait fort mais là j’ai vraiment peiné, 70km de gros efforts. Encore heureux que la route secondaire en direction de Shkodër était plus ou moins plate car là je crois que je n’aurais pas fait de vieux os ! Ce que j’ai vu ressemble à 2 gouttes d’eau au premier jour, à savoir une vie qui grouille, même dans les villages. A noter que je ne vois pratiquement pas de femmes, sauf dans les villes un peu plus importantes. Les hommes ne travaillent pas mais restent dehors tandis que les femmes s’occupent de la maison.

Je me suis approché des Alpes albanaises, dépassant les 2000 mètres d’altitude. Bien évidemment ce n’est pas la meilleure saison pour s’y rendre mais rien qu’à voir les sommets enneigées, ça donne envie. Mais ça c’est pour l’été !!

En attendant, juste avant la grande ville de Shkodër, il était vraiment temps que je m’arrête, le vent me rendant le pédalage pénible. J’ai tourné à gauche vers un village et je suis allé directement à la supérette pour demander où je peux dormir. Tout de suite, un attroupement d’une quinzaine de personnes s’est formé autour de moi. En Albanie, il est facile de trouver un interlocuteur qui parle italien. On m’a dit d’aller voir les bonnes sœurs italiennes près de l’église mais même si le bâtiment est grand, il n’y avait pas de place pour moi. Je suis donc retourné à la supérette et là le tenancier du « bar », Fredi, m’invite chez lui. Alors je ne sais pas comment j’ai fait mon compte, mais j’ai réussi à trouver certainement le seul village où tous les habitants parlent italiens et sont chrétiens !!

Il a travaillé plusieurs années à Milan, a fait construire sa maison dans son village natal pour retourner y vivre. Dans le village, qui doit compter une petite centaine d’habitants, personne ne travaille ! Il n’y a pas de boulot. Grâce à lui, j’en apprends un peu plus sur son pays. Passionnant.

J’ai passé un long moment le matin avec Fredi dans son bar et j’ai pu discuter un peu avec tout le monde. J’ai adoré, par contre mes poumons, un peu moins. Ils fument tous comme des pompiers.

Les 20 kilomètres jusqu’à la frontière se font sans histoire, ainsi que le passage au Monténégro. Le contraste entre les 2 pays est saisissant. Tout d’un coup, c’est calme, il y a mois de déchets partout, la route est en meilleur état. Mais très vite je comprends que je vais passer très peu de moment à rouler sur du plat. Ça grimpe, vite, longtemps et très dur. La petite bulle de mon inclinomètre est souvent aux alentours des 10%. Oui c’est dur mais les paysages sont époustouflants, vraiment. La petite route qui longe le lac de Shkodër au sud du lac est aussi dure que magnifique. Il m’arrive plusieurs fois de m’arrêter 10 minutes, non pas pour souffler mais tout simplement pour profiter du spectacle naturel. C’est grandiose. Dans cette région frontalière, je pense que les Albanais sont majoritaires. Tous les panneaux sont dans les 2 langues et les minarets dominent toujours les villages

Trouver un bivouac au Monténégro est facile, il y a de la place pour dormir tranquille, contrairement à l’Albanie que j’ai découverte. C’est donc sans difficulté que je pose la tente dans un pré à côté des chevaux. Je suis cerné par les montagnes, c’est superbe !

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